Sécurité routière: la chasse aux cerfs sans bois et aux femelles ne réglerait pas le problème

Sécurité routière: la chasse aux cerfs sans bois et aux femelles ne réglerait pas le problème

Le cerf de Virginie est très présent dans le secteur gaspésien de la Baie-des-Chaleurs.

Crédit photo : Deposit photo

(Un texte d’Ariane Aubert Bonn) Afin de diminuer le nombre d’accidents de la route dans la Baie-des-Chaleurs dus aux collisions avec des cerfs de Virginie, le provincial élargit les mesures de chasse, ce qui inquiète le milieu.

Le président régional pour la Fédération des chasseurs et pêcheurs, Alain Poitras, est inquiet de l’ouverture à la chasse aux cerfs sans bois et femelles dans la zone 1 par le gouvernement provincial. « C’est clair qu’il y a un problème dans la Baie-des-Chaleurs. Mais ce n’est pas une solution », lance-t-il d’emblée.

La zone 1 couvre toute la région gaspésienne. Or, cet immense territoire connaît différentes réalités concernant le cerf. S’il est plus qu’abondant dans la Baie-des-Chaleurs, ce dernier a clairement besoin de regagner du terrain à l’est et au nord de la péninsule. « Du côté nord, un cerf abattu, c’est un cerf abattu de trop », indique le président, en expliquant que l’animal se fait rare dans certains secteurs.

Même son de cloche du député de Gaspé, Gaétan Lelièvre, qui dénonce une application mur-à-mur d’une mesure sans réellement étudier la situation. Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, proposait pour sa part l’implantation d’une sous-zone de chasse pour la Baie-des-Chaleurs, une idée qui fait consensus auprès de M. Lelièvre et de la Fédération des chasseurs et pêcheurs.

« On nous a répondu que ce serait trop compliqué, qu’il faudrait arpenter le terrain… mais si on n’est pas prêt, ce n’est pas une raison pour adopter des illusions de solutions rapides qui ne font aucun sens! » dénonce Gaétan Lelièvre.

Pistes de solution

Du côté de la régionale de la Fédération des chasseurs et pêcheurs, le travail est déjà amorcé depuis longtemps. « On a formé un comité avec sept interlocuteurs et on travaille tous ensemble pour chercher des pistes de solutions », indique Alain Poitras, en affirmant que parmi ses interlocuteurs, on trouve notamment la Sûreté du Québec, le ministère des Transports, l’UPA et le MAPAQ.

Selon M. Poitras, ouvrir l’accès aux terres agricoles aux chasseurs est une piste explorée par les membres du comité. « C’est bien beau chasser le cerf, mais celui qui est près des routes est sur des terrains privés. On n’y a pas accès. On regarde si on peut faire des partenariats avec des agriculteurs, quitte à débourser un montant d’argent », dit-il.