Il est minuit moins une pour la Maison Marie-Pierre

Il est minuit moins une pour la Maison Marie-Pierre

La Maison Marie-Pierre.

HÉBERGEMENT. L’administration de la Maison Marie-Pierre de Bonaventure a lancé un cri d’alarme hier, alors que le financement insuffisant pourrait mener à sa fermeture imminente.

Le centre d’hébergement est la résidence permanente de huit personnes handicapées physiques et intellectuelles qui nécessitent des soins quotidiens. « On se retrouve dans une situation précaire, et on a appris récemment que nous n’aurions pas les ressources nécessaires pour poursuivre l’hébergement de ces gens », indique le président du conseil d’administration, Gonzague Poirier. La Maison existe depuis 1993, et trois de ses résidents l’habitent depuis les tout-débuts.

Pour continuer à fonctionner, la résidence aurait besoin de 23 $ de plus par jour par résident, selon les estimations du CA, soit un montant d’environ 70 000 $ de plus par année sur un budget de 465 000 $. En plus d’une coordonnatrice, l’institution emploie cinq personnes à temps plein et six à temps partiel pour offrir des soins 24 h sur 24 dans un milieu de type familial.

Selon les responsables, les coûts pour héberger ces personnes en CHSLD seraient plus élevés que ce qu’il en coûte à la Maison Marie-Pierre. « Le CISSS est au courant de la situation, des démarches qu’on a fait, et on attend les réponses », ajoute M. Poirier. En l’absence de fonds supplémentaires, la Maison Marie-Pierre devra fermer ses portes au début-août.

Pour le député de Bonaventure, Sylvain Roy, la situation est inacceptable. « C’est scandaleux d’abandonner des gens qui ont besoin de soutien. Ça coûterait plus du double pour les héberger dans le système de santé. On ne comprend pas le calcul du gouvernement », dit-il.

C’est le système de classification des besoins qui serait à blâmer pour le manque à gagner de l’organisme, avec des cotes de 1 à 6 qui déterminent le budget quotidien alloué pour chaque résident. Le système de classification n’indiquerait pas le coût réel des besoins, puisque les employés sont sur place quelle que soit la cote des résidents. Les cas pourraient être occasionnellement sous-évalués pour réaliser des économies, et les cotes diminuent lorsque les patients progressent, explique le chef du Parti Québécois, Jean-François Lisée.

Réponse du CISSS

Le CISSS de la Gaspésie affirme supporter la Maison Marie-Pierre, mais n’est pas disposé à améliorer le financement de l’institution. « Considérant le nombre d’usagers hébergés et le financement reçu, nous croyons que l’organisme dispose de toutes les ressources requises pour atteindre une performance adéquate. D’ailleurs, d’autres organismes similaires dans la région y parviennent très bien », indique l’adjointe à la PDG et aux relations avec les médias, Geneviève Cloutier.

Le CISSS ajoute qu’un financement additionnel serait inéquitable pour les autres ressources de la région, et que d’autres demandes similaires ont déjà été refusées dans le passé. « Nous respecterons la décision de l’organisme si l’administration décide de procéder à la fermeture et nous nous assurerons de réorienter les usagers vers les ressources qui répondront au mieux à leurs besoins », conclut-il.