Le défi relevé de LM Wind Power

Le défi relevé de LM Wind Power

Les 178 employés sont maintenant rendus 475.

Crédit photo : Photo: LM Wind Power

(Un texte de Jean-Philippe Thibault) Il y a tout juste un an, LM Wind Power officialisait des travaux d’agrandissement faisant augmenter la superficie de son usine de Gaspé de 40%. Elle lançait du coup un blitz d’embauches qui allait presque faire tripler la quantité de main-d’œuvre.

Un an plus tard, les 178 employés sont maintenant rendus 475. Un plan de croissance ambitieux, mais qui aura certainement porté ses fruits. Sans entrer dans les détails, l’usine de Gaspé peut même se targuer d’être parmi les plus performantes au sein de LM Wind Power, chiffres à l’appui.

Il faut dire que la majorité des employés qui étaient déjà sur place avant le lancement de cette campagne d’embauches est restée fidèle et qu’on peut pratiquement compter sur les doigts de la main ceux qui ont quitté depuis. Le directeur d’usine n’a d’ailleurs pas manqué de souligner l’apport essentiel de la main-d’œuvre dans les succès de l’entreprise.

« Embaucher 300 personnes aussi rapidement, il y avait quand même un risque au niveau de la culture de l’entreprise. Ce qu’on a constaté, c’est qu’au contraire, on l’a conservée et on l’a même développée. Je peux dire qu’on a atteint et même qu’on dépasse nos indicateurs de performance. Notre noyau a dû être patient et travailler très fort pour montrer à autant d’employés ce qu’eux ont appris en 10 ans. La clé, c’est vraiment la qualité de la main-d’œuvre », analyse Alexandre Boulay.

La vaste campagne de séduction pour attirer les travailleurs aux confins de la Gaspésie –avec promotion intensive et publicité lors du Bye Bye à l’appui– aura donc été concluante. « C’était nécessaire pour aller chercher la crème et pour demeurer performant. C’est la base pour avoir un bel avenir devant soi. »

À suivre

Parlant d’avenir, le directeur d’usine commence à voir poindre un espoir quant au retour d’un marché domestique local. Pour l’instant, toutes les pales sont exportées en direction des États-Unis en l’absence de nouveaux parcs éoliens au Québec. Les éoliennes en mer, communément appelés éoliennes « offshore », sont aussi à surveiller. Avec son agrandissement, l’usine de Gaspé serait d’ailleurs en mesure de fabriquer des pales de 88,4 mètres, comme il s’en fait ailleurs chez LM Wind Power.

La popularité grandissante des cryptomonnaies – comme le bitcoin ou l’ether par exemple – pourrait aussi avoir une incidence sur les demandes en énergie au Québec. On évaluait récemment que chaque transfert de bitcoins demandait assez d’électricité pour fournir en électricité un ménage moyen en presque une semaine. Ce secteur d’activités est donc très énergivore. Selon Radio-Canada, une dizaine de joueurs asiatiques lorgnaient vers le Québec en novembre pour installer leurs centres de données. Avec un coût d’approvisionnement faible en électricité, des températures froides qui refroidissent naturellement les installations et la possibilité d’ériger rapidement des parcs éoliens, ce créneau pourrait s’avérer intéressant. « C’est un filon gagnant pour l’industrie éolienne. Hydro-Québec va sûrement avoir de la demande supplémentaire si de tels projets se réalisent. On peut rapidement augmenter la puissance énergétique au Québec, ce que d’autres sources d’énergie ne pourront pas faire […] Avec le offshore et l’espoir d’un retour d’un marché local, l’avenir nous apparaît très bien », remarque Alexandre Boulay.

Quelques chiffres

Le taux de chômage a chuté à 4,9 % en décembre dernier au Québec, le plus bas taux enregistré depuis 1976 selon Statistique Canada. Ajoutez à cela une décroissance démographique et un vieillissement de la population en Gaspésie et vous obtenez une équation assez difficile pour trouver la solution à un recrutement de 300 nouveaux employés. Malgré tout, la démarche s’est avérée concluante.

Concrètement, ce sont 120 personnes d’un peu partout au Québec et même d’ailleurs qui sont venus s’établir à Gaspé et dans les environs après avoir trouvé un emploi chez LM Wind Power. Sans compter que 20% de la main-d’œuvre est issue de la MRC voisine de Rocher-Percé, avec des travailleurs provenant d’aussi loin que Port-Daniel. La moyenne d’âge est quant à elle passée de 43 ans à 38 ans. Des travailleurs de l’Australie, du Brésil, du Cameroun, de la Côte-d’Ivoire, de la France, de la Colombie, de la République démocratique du Congo, de l’Égypte, de l’Éthiopie, du Pérou et de l’Île de la Réunion ont notamment pu se joindre à l’aventure. En bout de ligne, ce grand chantier amorcé il y a un peu plus d’un an aura donc été un succès.

« Le plan de croissance était très optimiste à la base avec un bassin de main-d’œuvre limité, mais 12 mois après, quand je regarde tout ça, c’est allé au-delà de mes espérances. On peut dire mission accomplie », conclut Alexandre Boulay.

À quand le train?

L’année 2018 étant maintenant entamée, Alexandre Boulay voit difficilement – à moins d’un grand blitz – comment le tronçon ferroviaire entre Gaspé et Port-Daniel pourrait être réhabilité d’ici 2020, comme il était estimé au départ. L’année 2021 serait davantage probable. Deux éléments majeurs seraient à corriger en priorité. Le sol se serait affaissé sous la voie ferroviaire près de Port-Daniel, le rail étant maintenant pratiquement dans le vide, alors qu’une faille entraîne un déplacement annuel de quelques centimètres sur un terrain entre Newport et Gascons. Il faudrait donc stabiliser ce terrain.