Sections

« La mère troll » : encore un tour de force d’imagination à la Petite marée


Publié le 13 juillet 2017

Narratrice, comédienne, chanteuse, Jasmine Dubé a aussi adapté le texte de la pièce du récit "L’échange" de Selma Lagerlöf.

©Frédéric Durand

THÉÂTRE. La pièce La mère troll, 22e création originale présentée au Théâtre de la Petite marée de Bonaventure, sort ses personnages d’objets du quotidien.

Avec une scénographie et une mise en scène originales, la dernière production du Théâtre de la Petite marée saura surprendre les spectateurs. Comme l’organisation en a habitué son public fidèle, les personnages de la pièce sont incarnés par des objets du quotidien. Le spectateur est donc encore une fois invité à faire preuve d’imagination.

Dans la salle de lavage de sa fille, une grand-mère tombe sur un livre qui a marqué sa jeunesse, et entreprend d’en raconter l’histoire au public. L’auteure et seule comédienne de la pièce, Jasmine Dubé est accompagnée sur scène du musicien Christophe Papadimitriou, et de l’accessoiriste/marionnettiste/etc., Aurélie Brochu Deschênes, qui travaille à l’abri des regards.

En plus de jouer la grand-mère narratrice, donc, elle personnifie les deux protagonistes, c’est-à-dire le couple qui adopte un bébé troll. Ceux-ci sont incarnés tour à tour par des gants, des contenants de détergent, des vêtements accrochés et des chapeaux, dans un décor de salle de lavage.

« Ce qui aide le public à embarquer dans le théâtre d’objets, c’est qu’il y a la narratrice sur scène qui peut mettre en contexte les objets, à créer une complicité avec le public », souligne le metteur en scène Jacques Laroche.

« Ça fait plus de dix ans que ce projet m’intéresse. C’est un défi que je voulais relever de faire la narration, les personnages et la musique. J’avais envie de ce défi, incluant d’ajouter des chansons à l’histoire », commente Mme Dubé.

La pièce aborde des sujets difficiles et parfois violents, notamment le rejet du bébé troll par son père adoptif, qui aimerait mieux le voir disparaître. « Ce sont des sujets difficiles, mais qui se passent dans la théâtralité, donc sont moins difficiles. Ils soulèvent des thèmes éthiques qui touchent les enfants. Ça permet d’amener des discussions. Les enfants sont reconnaissants qu’on leur parle de ça, qu’on ne les traite pas trop comme des bébés », ajoute M. Laroche.

La pièce s’adresse à un public familial de 6 à 106 ans. Elle est présentée à la salle Le Préau du camping de la plage Beaubassin de Bonaventure jusqu’au 17 août, du mardi au vendredi à 19 h 30 et le samedi à 10 h 30.