Baleine noire : des élus exigent du fédéral un soutien pour l’industrie des pêches

Baleine noire : des élus exigent du fédéral un soutien pour l’industrie des pêches

Crédit photo : Depositphoto.com

La préfète de la MRC du Rocher-Percé, Nadia Minassian, demande aux gouvernements du Québec et du Canada d’intervenir immédiatement pour aider financièrement l’industrie des pêches et ses travailleurs touchés par la fermeture des zones de pêche longeant les côtes de la MRC.

Face à la fin hâtive de la pêche au homard due à la fermeture de zones de pêche par Pêches et Océans Canada, découlant de l’observation de la baleine noire, la MRC du Rocher-Percé exige des gouvernements du Québec et du Canada des mesures financières d’urgence pour soutenir l’industrie et ses employés. En ce sens, le 31 mai dernier, la MRC a fait parvenir, de façon préventive, une correspondance écrite au ministre fédéral Jean-Yves Duclos, responsable de l’assurance-emploi.

Bien que la MRC du Rocher-Percé ne s’oppose pas à la protection de l’environnement, dont les espèces en péril, madame Minassian pointe du doigt la gestion de crise malhabile orchestrée par le ministère des Pêches et des Océans dans la mise en place de mesures draconiennes et intransigeantes depuis janvier 2018 pour la protection de la baleine noire.

« Les cinq maires de la MRC et moi-même exigeons des gouvernements du Québec et du Canada des mesures d’aide financière d’urgence pour l’industrie des pêches et nos travailleurs. Nous ne pouvons pas laisser tomber ces gens qui constituent l’une des bases fondamentales de notre moteur économique principal », affirme Nadia Minassian, préfète de la MRC du Rocher-Percé.

Le MPO doit revenir à la raison

Le député indépendant du comté de Gaspé, Gaétan Lelièvre, demande au ministre des Pêches et Océans du Canada de revenir à la raison en cessant de mettre en place des mesures de contrôle inadéquates et abusives et surtout de considérer les propositions présentées par les pêcheurs et intervenants de l’industrie.

« Nous convenons tous de la nécessité de protéger toutes espèces menacées incluant les baleines. Cependant, c’est extrêmement sérieux ce qui se passe actuellement! C’est l’économie de toute une région qui est malmenée par l’improvisation et l’absence de consultation de Pêches et Océans Canada », a déclaré le député de Gaspé.

En effet, dû aux nouvelles restrictions visant à protéger les baleines noires implantées par Pêches et Océans Canada, des zones de pêches aux homards seront désormais fermées pour une période de 14 jours.

« Le gouvernement fédéral et Pêches et Océans Canada doivent arrêter de faire la sourde oreille aux recommandations de gros bon sens des pêcheurs gaspésiens, car ceux-ci connaissent bien leur milieu. Les solutions mur à mur qui ont étés implantées ne fonctionnent définitivement pas et ne correspondent pas du tout à la réalité de la pêche aux homards en Gaspésie notamment », selon le député Lelièvre.

Quand le gouvernement fédéral va-t-il se mettre en mode solution pour les pêches au Québec ? Cela vient s’ajouter au fait que l’industrie des pêches au Québec ait été injustement pénalisée au cours des récentes années en n’ayant pas droit à l’enveloppe de 350 millions du gouvernement fédéral réservée aux pêches dans l’Atlantique.

« Avec cette fermeture, le gouvernement fédéral vient de réduire de 20% la période de pêche aux homards. La pêche aux homards s’effectuant tout près des quais, aucun accident impliquant des baleines noires n’a été répertorié dans les dernières années. Malgré cela, Pêches et Océans Canada rejette catégoriquement toutes les propositions du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie notamment de continuer la pêche aux homards à un maximum de 10 brasses de la côte ou bien de surveiller leurs engins 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 », a affirmé le député de Gaspé.

Le député de Gaspé s’est entretenu hier avec le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, monsieur Laurent Lessard, celui-ci se dit également inquiet pour l’économie de la région et s’engage à évaluer, conjointement avec son collègue, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, monsieur François Blais, la mise en place de mesures d’atténuation.

Le député Lelièvre demande donc au ministre de Pêches et Océans Canada, monsieur Dominic Leblanc, et à la ministre du Revenu national et députée fédérale de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, madame Diane Lebouthillier, d’ouvrir un véritable dialogue avec les intervenants des pêches en Gaspésie et d’intervenir rapidement afin de sécuriser et de soutenir les intervenants de la pêche aux homards et aux crabes en Gaspésie, c’est-à-dire les travailleurs d’usines, l’Industrie et les pêcheurs.

 Lebouthillier rassure…

Rappelons que ce matin, la ministre Diane Lebouthillier a fait une déclaration en réponse aux nouvelles fermetures de zones de pêche en Gaspésie.

Elle dit : « Je tiens à rassurer tous les pêcheurs, aide-pêcheurs, travailleurs d’usine ainsi que tous ceux et celles qui sont concernés par ces nouvelles fermetures de zones. La pêche est un levier économique majeur pour notre région. Je vais continuer à protéger et soutenir les travailleurs saisonniers affectés afin de limiter les impacts des fermetures.

« Je suis consciente des impacts économiques qui découleront de ces nouvelles fermetures de zones et surtout des répercussions que cela entrainera sur les travailleurs de notre industrie saisonnière. Au cours des dernières heures, j’ai eu plusieurs discussions avec mes collègues l’honorable Dominic LeBlanc, ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, l’honorable Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social du Canada, ainsi qu’avec les élus municipaux de la circonscription.

« Je sais que les circonstances ne sont pas optimales pour les pêcheurs du comté cette année, mais il est essentiel de continuer à travailler ensemble pour assurer la viabilité du secteur des pêches à long terme. Pour être en mesure de protéger l’accréditation des pêcheurs, de conserver l’accès aux marchés internationaux et de faire croître l’économie de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, tous les intervenants impliqués doivent poursuivre la discussion. »