Merinov et le potentiel économique des algues


Publié le 7 juin 2017

Les parties de laminaires non utilisées lors de la production d’aliments évitent la poubelle et sont transformées en barquettes alimentaires thermoformées.

©Photo Merinov

L'exploitation industrielle des algues de culture continue de susciter de l'intérêt au Québec et Merinov y joue un rôle de premier plan.

Dès cette année, une ligne complète de transformation industrielle des algues sera mise sur pied à Grande-Rivière. Un projet dans les sept chiffres qui permettra de transformer 400 kilos d'algues par jour. L’organisation a également créé un panel sensoriel d’experts formés sur les algues alimentaires. Il s'agit d'une première au Canada. Des panélistes entraînés et passés maîtres dans l'art de la dégustation  ont ainsi collaboré au développement de craquelins et de croustilles à base d’algues de culture, ainsi que d’algues confites.

Dans le but d’élaborer de nouveaux produits à haute valeur ajoutée, des extractions de sucre d’algue (D-mannitol) et de sel d’algue (chlorures de potassium et de sodium) ont également été effectuées au fil des ans. D’autres molécules d’intérêt seront aussi extraites dans les années qui viennent pour l’industrie du cosmétique et du nutraceutique.

Tous ces projets partent d'une vision plus large et d'un vaste programme intitulé Optimal. Ce dernier vise sans surprise la production et la valorisation des algues de culture québécoises. Optimal jouit d'une enveloppe budgétaire de 2,3 millions de dollars, issue du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

Et pour arriver à des résultats concrets, cinq entreprises privées, neuf centres de recherche et une association mettent l'épaule à la roue afin de démontrer le fort potentiel économique des algues pour le Québec.

Maîtriser, innover, ne pas polluer

Du kombu séché.
Photo depositphotos.com / ponsulak

Avant d'arriver à des conclusions tangibles, encore faut-il pouvoir maîtriser la culture des algues. Des méthodes d’algoculture novatrices ont donc été développées de pair avec l’industrie pour la production de la laminaire sucrée - ou Kombu de l’Atlantique - une algue brune comestible qui peut atteindre 5 mètres de longueur. En ajustant les calendriers d’opération, en sélectionnant l’origine des semences et en développant de nouveaux dispositifs de culture en mer, les rendements ont été nettement améliorés et dépassent maintenant 15 kg de laminaire par mètre de cordage porteur, sur une ferme marine.

Aussi, la production de plantules en bassins a fait l’objet d’une mise à l’échelle industrielle dans l’écloserie marine de Fermes Marines du Québec (FMQ) qui est en mesure de vendre ses semis d’algues aux mariculteurs de l’est du Canada. La capacité de production actuelle de FMQ a ainsi atteint 6,3 km de corde ensemencée en 2016 et continuera d’augmenter en 2017. Avec ces semis, plusieurs mariculteurs de la Côte-Nord, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine ont démarré avec succès des cultures de laminaire sur leurs fermes marines.

Par la suite, grâce à l’expertise acquise, Merinov a mené des interventions d’aide technique et de transfert technologique permettant à deux entreprises de faire le saut dans le développement de produits alimentaires, tel que les exemples cités en introduction. Le programme Optimal vise par ailleurs à atteindre le zéro déchet et ainsi maximiser la chaîne de valeur des algues de culture. Par exemple, les parties de laminaires non utilisées lors de la production d’aliments évitent la poubelle et sont transformées en barquettes alimentaires thermoformées et en papiers spéciaux, à base de résidus et de coproduits d’algues. Des travaux se poursuivront également pour valoriser les coproduits d’extraction dans le domaine des textiles, de la biométhanisation et dans l’alimentation animale. Oui, l’exploitation industrielle des algues de culture est bel et bien en marche.